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15 novembre 1999 adoption du Pacs en France
12 ans pour rien
Publié le mercredi 16 novembre 2011

Comment ne pas se dire en ce 15 novembre, jour anniversaire de l’adoption du Pacs en France, qu’en matière de droits LGBT, rien n’a véritablement changé en 12 ans ?

Le 15 novembre 1999, au bout d’une longue et âpre bataille législative, le vote du Pacs était arraché dans l’hémicycle ; nous n’oublierons pas les mémorables joutes oratoires des députés qui portaient le projet, pas plus que les lamentables propos et comportements homophobes d’autres députés et l’image de Christine Boutin brandissant et citant la bible pendant des heures, restera à jamais fixée dans nos mémoires.

Et pourtant… Ce Pacs ne fait plus polémique, bien au contraire, il convient à beaucoup de couples, et ce, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Il y a fort à parier qu’il en sera de même avec l’adoption de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, quelques années plus tard.

Il ne sert à rien d’aller contre l’histoire et ses avancées lorsqu’elles sont aussi souhaitables qu’inéluctables.

Pourtant, en 12 ans, à part coller rustine sur rustine sur ce statut qui n’en demandait pas tant, les personnes LGBT n’auront rien obtenu de plus.

Parce tous les projets de couple et niveaux d’engagement ne sont pas les mêmes, que les droits et obligations de chaque statut proposé doivent être différents, les personnes LGBT veulent, fonction de leur choix et philosophie de vie, pouvoir comme tout un chacun, opérer un choix entre des statuts bien distincts, concubinage, Pacs ou mariage.

Elles veulent également pouvoir sécuriser la situation de leurs familles et avoir le droit d’adopter conjointement ou / et l’enfant de leur conjoint.

Enfin, les lesbiennes, comme d’ailleurs toutes les femmes, mariées ou pas, doivent pouvoir bénéficier des traitements de fertilité (Assistance médicale à la procréation).

En Europe, 7 pays accordent déjà le mariage (Belgique, Iceland, Pays Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Suède) ; 8 accordent l’adoption conjointe et 11 l’adoption par le second parent.

Combien de temps encore, allons-nous devoir en France ne pas avoir de choix ?

Les institutions européennes engagent les états membres à cesser cette discrimination, aussi, demandons-nous au gouvernement de se rendre à l’évidence, d’admettre que ce n’est plus qu’une question de temps et que cette résistance au changement et au progrès est aussi ridicule que les incantations homophobes proférées dans l’hémicycle en 1999.

Étant donné la recrudescence d’agressions homophobes en France, il serait même salutaire et urgent de considérer enfin les personnes LGBT comme des citoyens à part entière. En effet, la loi a force d’exemple mais ce n’est qu’une première étape, il restera ensuite à entreprendre un phénoménal travail de prévention et d’éducation pour faire évoluer en profondeur les mentalités et apprendre aux français, petits et grands, à respecter les différences.

Pour le Centre LGBT Paris IdF
Christine Le Doaré, présidente

Centre LGBT IdF
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