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Liberté d’expression versus incitation à la haine homophobe !
Communiqué de presse
Publié le mercredi 29 septembre 2010

Les propos homophobes tenus dans une interview à International Hip-hop, en juin dernier par le groupe de rap Sexion d’Assaut, défrayent la chronique sur le Net.

Si les rappeurs ne sont pas tous sexistes et homophobes, il ne s’agit pas non plus d’un comportement marginal et ce groupe est loin d’être le premier à s’inscrire dans l’agressivité et même la haine envers les femmes et les homosexuels, rien que le choix de son patronyme guerrier est édifiant !

On comprend de l’interview que confrontés à des critiques de la part d’une partie de leur public, ils ont décidé de ne plus s’attaquer frontalement aux homosexuels, de ne plus trop les insulter ; mais ils déplorent « ne pas pouvoir se permettre de dire ouvertement que pour nous, le fait d’être homosexuel est une déviance qui n’est pas tolérable » ; ils qualifient l’homosexualité de « péché » dont il faudrait se repentir par rapport à leur religion, l’Islam, la seule « dans le vrai ».

Voyant que tout ce vacarme pourrait lui causer préjudice, le groupe brutalement descendu de 20 places dans les classements, essaye de se justifier et estime que l’interview n’est pas fidèle aux propos tenus !

Seulement voilà, les messages de haine homophobe, Sexion d’Assaut, n’en n’est pas à son coup d’essai : « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent, coupe leur le pénis, laisse les morts, retrouvés sur le périphérique » dans On t’a humilié ou encore : « Toutes ces pratiques ne sont pas saines, nos corps ne seront qu’un tas de cendres, la mort ne sera qu’une passerelle » dans Cessez le feu.

Alors, en face, la réaction s’organise et des groupes sur facebook se constituent pour organiser le boycott et réclamer l’annulation des concerts et c’est heureux mais insuffisant.

Sexion d’Assaut n’est pas un obscur petit groupe de rap, c’est bien au contraire l’un des premiers vendeurs de disques en France, notamment grâce au tube homophobe « Désolé ».

Tant de jeunes les écoutent, trompés par leurs héros, ils se forgent une image dévoyée et malsaine des relations hommes-femmes comme de l’homosexualité ; à coups d’interdits, de dogmes religieux, de préjugés sexistes et homophobes qui n’ont plus lieu d’être au 21è siècle.

Triste apprentissage de la vie et des relations entre les êtres que cette vision d’une société violente et inégale. Tristes perspectives pour toute une jeunesse que ces textes qui ne respectent pas les différences mais au contraire tentent d’asséner une représentation machiste et dominatrice, monolithique et archaïque du monde.

Cette daube nauséabonde traîne impunément sur nos ondes radio, dans les rayons des marchands de CD et dans les salles de concert.

Pourtant, il existe bien des lois contre l’incitation à la haine homophobe, pour rappel : la loi du 30 décembre 2004 pénalise les propos liés au sexe ou à l’orientation sexuelle, la peine maximale pour injure homophobe étant de 6 mois de prison et de 22 500 euros d’amende.

Alors qu’attend le ministère public pour poursuivre ? Parler de cendres et de mort, ne suffirait pas pour qualifier ces propos d’incitation à la haine ? Va-t-on nous parler une fois de plus de liberté d’expression ?

Boycottons ces groupes oui, mais surtout faisons respecter les lois, condamnation de Sexion d’Assaut !

Pour le Centre LGBT Paris IdF

Christine Le Doaré, présidente

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