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Pride Angers
Samedi 5 juin 2010
Publié le mercredi 2 juin 2010

« MÊMES DEVOIRS, ALORS MÊMES DROITS, MÊMES LOIS »

Jean Le Bitoux n’est plus.
Le journaliste fondateur de Gai Pied s’est éteint des suites d’un cancer le 21 avril dernier. Quazar et ses adhérents sont émus par sa disparition et lui rendent hommage.

Militant infatigable, il aura participé à cet élan de la conquête des droits pour les lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT). Il nous a montré la voie, comme d’autres avant lui. Modestement, mais résolument, nous la suivons pour devenir des citoyens aux droits égaux et non de seconde zone, comme aujourd’hui. S’il est un fait que nous sommes égaux par rapport aux hétérosexuels devant les devoirs que nous fixe la Loi, il en va tout autrement quant à nos droits de simples citoyens. Le 16 mai 2009, lors de notre marche, nous apprenions que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, publierait un décret sortant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée.

Avancée spectaculaire qui cependant ne règle pas tout puisque les personnes transsexuelles demandent le maintien du parcours de prise en charge. Les personnes transgenres, qui elles ne se reconnaissent pas dans la définition du trouble de l’identité genre, souhaitent la simplification de la procédure du changement d’état civil, rejetant la nécessité de la preuve de leur stérilisation par la fourniture de certificats opératoires.

Le véritable enjeu de cette bataille, qui rappelle les débuts des revendications homosexuelles, est bien la parentalité d’un nouveau genre. Cette homo/trans/
parentalité représente une barrière psychologique infranchissable pour nombre de politiques. Pourtant adoption et mariage pour les couples de même sexe vont de pair. Le rapport de force sur la question de l’égalité des droits et la lutte contre les discriminations est bien politique puisqu’au pouvoir depuis huit ans, la droite a fait de son refus du mariage et de l’adoption pour les gays une donnée identitaire forte. Elle a préféré aligner le pacs, créé par la gauche et plébiscité par les hétérosexuels, sur la fiscalité du mariage plutôt que de franchir le pas. Pourtant les Français sont prêts ; 64 % sont en faveur de l’accès au mariage pour les couples de même sexe et 57 % sont favorables à l’adoption par ces couples (sondage BVA, 13 novembre 2009). Si la politique est bien l’organisation de la cité, l’actualité nous prouve que, dans le monde, les avancées majeures pour les droits des homosexuels et des personnes trans sont le fait de partis progressistes.

En France, les élections présidentielles de 2012 restent évidemment une chance de changement sur ces questions, mais d’ici là il faut engager un nouveau rapport de force sur ces questions avec la majorité présidentielle. À nous de convaincre, y compris dans ses rangs, une droite qui a tout de même progressé contre les discriminations, comme l’obtention du capital décès au conjoint survivant d’un pacsé fonctionnaire. Des maires se sont mobilisés et ont signé en novembre 2009 le texte d’Hélène Mandroux baptisé Appel de Montpellier.

Quazar s’est d’ailleurs félicité publiquement de la signature de Jean-Claude Antonini, maire d’Angers. Notre association poursuit ce combat utile pour la société entière tant nous savons que l’accès à l’égalité des droits est universaliste et un levier important contre l’homophobie. Quazar s’est constituée partie civile pour la première fois de son histoire pour accompagner des victimes de lesbophobie à Segré qui réclament la prise en considération par les tribunaux des discriminations qu’elles vivent. Quazar est aussi de ce combat primordial.
Stéphane Corbin,
président de Quazar, Centre LGBT d’Angers.

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